Date de création : 03.11.2015
Dernière mise à jour :
22.01.2025
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La semaine dernière, j'ai fait un voyage de groupe en Allemagne, au cours duquel nous sommes passés par Berlin. Nous avons évidemment, à cette occasion, fait une visite guidée des plus grands monuments de la capitale, et notamment de la porte de Brandenbourg. Je pensais m'ennuyer un peu, étant donné que j'avais déjà vu ce monument lors d'une précédente visite. Mais je n'avais jamais pris le temps de découvrir son histoire. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y a une certaine ironie dans la façon dont cette porte a changé de fonction et de symbole au fil des siècles ! Ca m'a donné envie de vous la présenter. La prochaine fois que vous irez à Berlin, vous ne la verrez sans doute plus de la même manière ! La porte de Brandebourg est aujourd'hui l'icône de Berlin, son monument le plus emblématique. Sa construction fut à la base commandée par le roi de Prusse Frédéric-Guillaume II. Comme l’Allemagne portait à l'époque un grand intérêt aux antiquités grecques, le monument s’inspire des Propylées (l’accès à l’Acropole d’Athènes, pour ceux qui n'ont jamais voyagé en Grèce). Concrètement, le linteau de la porte de Brandebourg est soutenu par six paires de colonnes doriques, dont les intervalles ménagent cinq passages. Tout en haut, un quadrige classique couronne la porte : on y voit une déesse emportée sur un char à quatre chevaux. Là où ça devient intéressant, c'est quant au sens de cette sculpture. À l’origine, il s’agissait de l'allégorie de la Paix. Au titre de prise de guerre, le quadrige fut emporté en 1806 par les Français. Lorsqu'il retrouva son emplacement, la couronne d’olivier de la déesse fut ainsi remplacée par une croix de fer. La statue se transforma alors en une représentation de la Victoire. Au XIXe siècle, la porte en vint à symboliser progressivement la puissance militaire prussienne. Les nazis forcèrent l’allégorie, filmant les régiments allemands qui passaient entre ses colonnes avant de partir pour le front. Après la Seconde Guerre mondiale, la porte devint le premier point de passage entre les secteurs est et ouest de la ville. Paradoxalement, son aura s’accrut lorsqu'elle fut fermée lors de la construction du Mur en 1961. En 1989, elle s’ouvrit et devint un symbole d’unité. Helmut Kohl, le chancelier fédéral, passa sous son linteau pour aller rencontrer Hans Modrow, Premier ministre de la République démocratique allemande. Il est fascinant de constater à quel point cette porte a pu changer radicalement de sens et de fonction selon les époques. Et je n'ai pu de m'empêcher en entendant son histoire de me demander : qui sait le sens dont elle sera dépositaire d'ici un siècle ? Ou même d'ici vingt ans ? Si vous voulez en savoir plus, je vous invite à voir le programme sur l'agence qui a organisé ce voyage de groupe. J'ai beaucoup apprécié l'itinéraire qui nous a été proposé, car nous avons aussi bien pu faire des visites classiques mais bien expliquées (comme la porte de Brandebourg) que d'autres vraiment décalées (les sous-sols berlinois, notamment, qui devraient faire l'objet d'un prochain billet) ! Plus d’informations directement sur le site de l’agence de voyage de groupe en Allemagne.